Histoire du village de Norgeat - Commune de Miglos - Pays de Tarascon-sur-Ariège (09)

NORGEAT-Miglos (Ariège), d'Hier et d'Aujourd'hui

Les Ecoles de la commune de Miglos - Repères chronologiques




1ère Partie : De la création de l’École communale de Miglos-Arquizat (1794) à l’ouverture de l’École mixte de Norgeat (1865).


Il y a bien longtemps que les écoles ont été fermées à Miglos.
Trop longtemps que ne retentissent plus les cris joyeux des enfants, jouant dans la cour ou sous le préau, à Norrat, Arquizat, ou Norgeat.

Et pourtant, "à l'époque"....

En 1833, sous la présidence de Jules Grévy, la Loi Guizot (Ministre de l’Instruction Publique) va imposer aux communes de plus de 800 habitants, de se doter d’une école publique de garçons. Cinquante ans plus tard, Jules Ferry institue la gratuité (16 Juin 1881), l'obligation et la laïcité (28 Mars 1882) de l’Enseignement Primaire. Sont concernés les enfants des deux sexes, âgés de 6 ans révolus à 13 ans révolus. Par ailleurs, un Certificat d'études primaires est institué dès l'âge de 11 ans.

En feuilletant les vieux registres de la mairie de Miglos (dont le plus ancien remonte à 1817), on apprend qu’en 1834 une école existait déjà au village d’Arquizat.
Le 4 Février de la même année, le conseil municipal s’oppose fermement à la proposition du préfet, qui souhaitait réunir Miglos à Capoulet pour l’Instruction primaire. "Considérant que la commune à son instituteur, garanti de tous ses titres et chargé d’un assez grand nombre d’élèves... Etabli légalement depuis longtemps… La commune est capable d’entretenir un instituteur… L’imposition de 3 centimes sur le Rôle de 1834 doit lui servir d’indemnité pour son travail et pour sa propre maison, qui sert de salle d’école… ".
Toutefois, pour connaître le nom de l’instituteur en question, il faut consulter l’acte établi, trois mois auparavant, par Jean-Baptiste-Alexis-Guillaume VIC, notaire royal à Tarascon.
Cet acte, n°334, du 23 Novembre 1833, concerne la vente de la forêt de Naillan, par Dame Jeanne-Françoise de Montault-Miglos, épouse du Baron Jean-Louis Hyacinthe de Vendomois, au profit de 67 habitants d’Arquizat.
"Jacques Guilhot, instituteur", figure parmi les acheteurs. (Archives Départementales Ariège – cote 5 E. 5896).
L’intéressé est originaire de Miglos. Les Guilhot sont installés à Arquizat depuis des lustres. Jean-Pierre Guilhot, cardeur de laine dans ce village, est repris, lui aussi, sur l’acte de vente précité.

L’Annuaire de l’Ariège - n°1, édité en 1834, cite également le nommé Guilhot comme instituteur de Miglos.


Mais l’existence d’une école à Miglos est pourtant attestée dès la fin du XVIIIe siècle, comme l’écrit Casimir Barrière-Flavy dans "La Baronnie de Miglos" (ouvrage publié en 1894).
L’auteur avait pu consulter les registres municipaux de la période Révolutionnaire, aujourd’hui disparus. (Ce qui, hélas!, est aussi le cas de bon nombre d’autres documents anciens).

Ainsi, sur le sujet qui nous occupe, il a relevé : "Le 1er nivôse An III (21 Décembre 1794) se sont assemblés tous les citoyens de cette commune au Temple de la Raison pour procéder à la nomination d’un instituteur, suivant les bulletins des lois de la Convention Nationale, qui portent que, dans toutes les communes de la République où il se trouvera le nombre de mille âmes, il doit y être établi un instituteur pour enseigner et instruire tous les garçons qui sont au-dessus de l’âge de six ans"... A l’issue de quoi, le citoyen Raymond Fauré fut élu instituteur de la commune de Miglos.


C’était le premier d’une longue liste d’instituteurs et institutrices, qui se sont succédé à Miglos pendant près de deux siècles, et dont les Archives départementales (Séries 2 O. 979 & 2 O. 980, notamment) et municipales ont conservé le nom.


Ces mêmes documents nous fournissent également de précieux renseignements sur l’organisation et le fonctionnement de l’école dans cette commune.

Jusqu’au milieu des années 1860, l’école communale sera installée à Arquizat; puis les villages de Norgeat et Norrat auront, aussi, chacun la leur (respectivement en 1865 et 1878).

Octobre 1841, « la commune de Miglos se trouve dépourvue d’instituteur depuis longtemps ». Jean Denjean (qui possède son brevet de capacité et présente un certificat de moralité) se verra attribuer le poste.

En Février 1843, un bail est établi « pour la location d’un local convenable pour l’instituteur », entre le maire Jacques Bacou et Jean-Pierre Augé Blondin, le propriétaire de ce local.

Le 12 Janvier 1851, le conseil municipal demande au préfet de nommer « le sieur Carbonne, instituteur à Augirein », en remplacement de l’instituteur Denjean, « changé pour cause de manque d’assiduité à ses devoirs, pour manque de morale, pour être reconnu l’homme de désordre sur tous les points qui concernent l’instruction et les bonnes mœurs ».

L’instituteur Alexandre Carbonne, quittera son poste à l’été 1855. Il aura connu la terrible épidémie de choléra qui a ravagé nos contrées en 1854. Pour la commune de Miglos, 234 décès dus au choléra ont été enregistrés (sur une population de 1305 habitants), dont 56 à Norgeat, qui comptait alors 475 âmes. Parmi les victimes on dénombrera 34 enfants (de 4 à 15 ans), dont 9 à Norgeat.

Son successeur, Adrien Pinat, arrivera à Miglos pour la rentrée scolaire de l’automne 1855.

Début 1856, la maison d’école, insalubre et trop petite pour accueillir tous les élèves, est transférée dans une bâtisse appartenant au sieur Montaud, d’Arquizat.


Durant les premières décennies, qui suivent la création de cette école, on note que les locaux sont assez vétustes et inadaptés (tant la salle de classe, que l’appartement de l’instituteur) et le mobilier est très sommaire, selon les divers rapports des enseignants ou de l’Inspection primaire de Foix.
Par ailleurs, « il n’y a ni Christ, ni image de la Vierge, ni buste de l’Empereur » dans l’école de Miglos.

L’enseignement dispensé (réservé aux garçons, au moins jusqu’au début des années 1850) comprenait : Instruction Morale, Histoire Sainte, Grammaire, Lecture et Poésie, Arithmétique et Géographie.
Cet enseignement était payant. Le taux de la rétribution mensuelle, dont les parents des enfants scolarisés devaient s’acquitter, était fixé annuellement en réunion du Conseil Municipal (1,25 F. pour l’année 1855). Cependant, quelques élèves étaient reçus en classe gratuitement (depuis une loi de 1841). La liste des « élèves indigents » (une douzaine en moyenne à cette époque), était proposée conjointement par le curé et le maire, soumise au préfet, puis validée définitivement par le Conseil municipal.
L’instituteur gagnait environ 600 F. par an, au milieu des années 1850. Afin qu’il puisse toucher ce salaire, la commune devait lui verser un supplément, soit 483 F. en 1856.

Les élèves étaient répartis en quatre divisions, en fonction de leur âge.
Leur nombre variait entre 40 et 75, selon les mois. A l’époque, les enfants aidaient beaucoup leurs parents pour les travaux des champs. De ce fait, et sauf en hiver, ils ne pouvaient pas toujours fréquenter l’école assidûment.

Les vacances scolaires étaient octroyées, à l’origine, au mois d’Octobre (un mois complet). Mais à partir de 1857, suite à la demande formulée par l’instituteur, Pinat (nommé à la rentrée 1855), et appuyée par le maire, Jacques Bacou, la commune de Miglos obtiendra qu’elles puissent être prises en Septembre, car "c’est le mois de l’année où les enfants sont le plus occupés aux travaux de la campagne ».

Une anecdote savoureuse, concernant cette affaire, est à relater.
Le 22 Août 1857, l’inspecteur de l’Instruction Primaire, à Foix, répond à l'instituteur en lui retournant sa lettre, annotée comme suit : « J’accorde les vacances, mais je vois avec peine que Mr le Curé n’a pas été consulté. C’est mal, c’est très mal de votre part. Signé Maury ».
Réponse de l’instituteur à son hiérarchique : « …..Vous n’ignorez pas que Mr le curé m’a interdit l’entrée de sa maison et qu’il a toute la peine du monde à me rendre mon salut lorsque je le rencontre….Je me suis abstenu de le consulter par respect et pure obéissance à la défense que m’a fait ce digne pasteur, et pour lui éviter la peine de m’adresser quelque mauvais compliment ».
Comme on le devine aisément, les relations entre les deux hommes n’étaient pas franchement cordiales. On en découvre la raison à la lecture d’une délibération municipale du début de l’été 1857. L’instituteur Pinat avait formé le projet d’épouser la sœur du prêtre (Maury Pierre-Maurice), mais ce dernier s’y opposait et était intervenu auprès du préfet pour obtenir la mutation de l’enseignant. Malgré le soutien appuyé du Conseil municipal et de la plupart des parents d’élèves, Mr Pinat ne sera plus à Miglos pour la rentrée d’Octobre 1857.


A signaler qu’en Juin 1856, un jour de congé a été accordé aux écoles publiques, à l’occasion du baptême du prince impérial, Eugène-Louis-Napoléon Bonaparte, fils de l’empereur Napoléon III et de l’impératrice Eugénie de Montijo.

C’est à partir de la rentrée d’Octobre 1858 qu’est ouverte une école des filles à Miglos.
Un instituteur (Jean Chausson) et une institutrice (Euphrasie Prat) sont alors nommés à Arquizat.

« La discipline et l’ordre sont la condition du travail et par conséquent du progrès, dans une école, aussi me suis-je attaché à les faire régner l’une et l’autre, dans la mienne » (Extrait du compte-rendu mensuel de Jean Chausson à son inspecteur – Mars 1859).
Au cours de l’exercice 1859 : « Mademoiselle l’institutrice reçoit en moyenne 35 filles dans sa classe » et « l’école des garçons a été fréquentée par 61 élèves en moyenne ».

En 1861, l’école des garçons est devenue trop petite pour les 84 enfants en âge scolaire, « et certains sont obligés de rester dans le corridor ». Il est décidé d’acquérir la maison de J.B. Cazals (demeurant à Capoulet), avec cour, jardin et volière, pour la somme de 3000 F.
La même année, Louis Piquemal vient enseigner à Miglos.
Des aménagements successifs de l’école communale seront alors réalisés  par l’entreprise Costesèque (de Mercus), sous la responsabilité de l’architecte Fiquet. Après maints atermoiements et difficultés de tous ordres, c’est seulement en Avril 1868 que la nouvelle maison d’école d’Arquizat sera opérationnelle. Elle comporte une salle de classe pour les garçons, une de classe pour les filles, une salle pour le service municipal et le logement des instituteurs. Coût des travaux 8880 F.

Le 1er Juin 1862, un arrêté ministériel stipule qu’il est souhaitable que chaque école primaire publique ait sa bibliothèque scolaire.

Au départ de Louis Piquemal (début 1865), son remplacement sera effectué par Jules Sentenac, qui terminera l'année scolaire en cours.

25 Octobre 1865, l’instituteur Noël Nèples, nouvellement affecté à Miglos, demande à son inspecteur (Berdot), l’autorisation d’ouvrir une « école d’adultes à Miglos, 1ère section » (Arquizat).
Le programme des cours serait le suivant :
- Lecture & Ecriture } sur la Religion et la Morale
- Calcul et système métrique
- Grammaire
- Cosmographie   } sous forme de
- Géographie       } Dissertations
- Histoire Sainte  } et de
- Agriculture        } Dictées

Ces cours d’adultes ont démarré dès le mois de Décembre 1865.

C’est au mois d’Octobre 1865, qu’une école (mixte) ouvre à Norgeat.
Jean-Pierre Estèbe en sera le premier instituteur (Octobre1865 /Juillet 1869).


G.L.  -  7 Avril 2015


                                 ----   La suite de cette étude, plus particulièrement consacrée à l'école de Norgeat,  sera présentée dès que possible   -----



 


 
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